Les 12 travaux de Barack Obama
Après une campagne des plus passionnantes, Barack Obama a été élu 44ème président des Etats-Unis. Contrairement aux médias français qui ressassent les mêmes lubies sur la couleur de peau du nouveau président, concentrons nous plutôt sur le fond, les défis en terme de politique étrangère qui attendent la nouvelle administration avant de voir les changements que cela implique pour la France.Même si l'élection d'un président noir aux Etats-Unis ne peut qu’être positive 44 ans après la fin de la ségrégation raciale, elle ne constitue pas une fin en soit. Barack Obama n'en a pas fait un argument de campagne. Il n'est pas non plus un descendant d'esclave noir. Enfin, son élitisme qu'on lui a beaucoup reproché lors de la campagne n'en fait pas le représentant naturel de la cause noire, une communauté dans la difficulté. On ne choisit pas un candidat en fonction de sa race, religion ou de son sexe mais en fonction de son programme.
Les principaux défis qui attendent le président américain sont connus. Son programme était flou sur ces questions et les actions qu'il entreprendra ainsi que ses marges de manœuvre sont pour l'instant un grand point d'interrogation. Comment va t'il gérer le retrait des troupes américaines d'Irak et dans quel délai? Pour atteindre son objectif de vaincre Al Qaeda va t'il vraiment autoriser des frappes ciblées au Pakistan de façon encore plus aventureuse qu'actuellement? Comment va-t-il impulser une nouvelle dynamique au Proche-Orient pour faire avancer le processus de paix israélo-palestinien et permettre un processus de paix israélo-arabe. Quid des relations avec la Russie, qui voudra surement l'éprouver tel Kennedy en 1962 lui aussi jeune président sans grande expérience. Et la Chine dont les dirigeants préfèrent les administrations républicaines, moins protectionnistes, va-t-elle subir une pression diplomatique américaine renforcée (bien que déjà forte) sur la question des Droits de l'Homme?
Tant de questions et encore si peu de réponses.
Il en est un peu différemment pour l'Europe qui verra en Barack Obama et son administration un partenaire plus enclin à la coopération mais aussi plus protectionniste et donc moins bon partenaire commercial. Il ne faut pas se leurrer, Obama défendra avant tout les intérêts américains, il a été élu pour ça. L'initiative de la France qui veut établir un partenariat resserré avec les Etats-Unis va indéniablement dans le bon sens. Ce sont les premiers alliés de l'Europe. Il faudra que nous continuions le travail avec la future administration afin de mettre en place des renforcements et une redéfinition des règles du système financier international. La crise est partie des Etats-Unis, ils en seront d'autant plus indispensables pour apporter des solutions et assumer une partie des conséquences.
Quant à la France, on a souvent pu lire ou entendre des absurdités concernant la soit disante proximité de Georges W. Bush et Nicolas Sarkozy. Les rapports entre le président français et Barack Obama seront à coups sûrs excellents et l'Elysée n'avait que peu caché son soutien à Barack Obama. Quoi de plus normal après tout? L'équivalent américain du PS n'est pas le parti démocrate mais le Parti Socialiste américain! Et puis que ces aficionados socialistes d'Obama arrêtent leur cirque, eux qui ont voté contre le renfort de troupes en Afghanistan alors que Barack Obama prône un renforcement drastique des forces américaines sur place ainsi que des moyens mis à disposition. Nous pouvons difficilement établir un parallèle entre les échiquiers politiques français et américains. La séparation entre parties se fait souvent sur d'autres critères. On peut cependant se réjouir à l’idée d’une coopération entre Barack Obama et Nicolas Sarkozy qui outre beaucoup d’idées, partagent une même vision.
Comme le titrait un journal américain à la suite de l'élection de Barack Obama: « big victory, bigger challenges ». Dans une période où se mêlent instabilités géopolitiques et crise économique, l'inexpérimenté Obama devra s'entourer des meilleurs à chaque poste. Les slogans de campagne vont être confrontés à la dure réalité et nombreux seront les déçus. Un président au pied du mur, pour qui tout reste à faire voilà Barack Obama. Mais c'est face aux grandes difficultés que l'on voit les grands hommes.
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