
La visite du Pape a été source de joie pour beaucoup de français catholiques mais aussi de débats,
râleries et autres aigreurs de la part de certains de nos concitoyens, souvent les mêmes qui ont reproché à
Sarkozy de ne pas avoir reçu le
Dalaï Lama.
On a tout d'abord entendu remonter des râles contre la réception du Pape à
l'Elysée car il y avait là mélange du politique et du religieux. L'argument ne tient pas quand on se rappelle que le Grand Rabbin de France, le président du
CFCM (Conseil Français du Culte Musulman) ainsi que le
Dalaï Lama ont déjà été reçu à
l'Elysée. Le Pape par ailleurs est aussi le dirigeant d'un
Etat qu'on nomme Saint-Siège ou
Vatican ce qui renforce la légitimité de son passage au Palais de
l'Elysée.
On a ensuite vu les critiques se multiplier contre le concept de laïcité positive déjà mis en avant lors de sa visite au
Vatican par
Nicolas Sarkozy il y a quelques mois. Les critiques viennent pour la plupart des héritiers des courants anticléricaux voir
antireligieux. Les autres en profitent pour critiquer une fois de plus
Sarkozy et faire de la petite politique comme les dirigeants du
PS ou
Bayrou. Il est bon de rappeler que la France est une république laïque et que très peu de personnes le contestent et veulent revenir sur la loi de 1905 de séparation de
l'Eglise et de
l'Etat. Toutefois, nous sommes le pays où ce principe est le plus stricte, le plus sévère, le plus clivant, à tel point que le religieux n'est pas seulement relégué à la sphère privée mais presque combattu comme un ennemi de la République. On a presque envie de parler de laïcité négative pour décrire la situation actuelle où les défenseurs de la laïcité que l'on voit sur tous les plateaux (comme
la hargneuse Caroline Fourest) sont tous des excités qui aboient dès qu'ils entendent le mot religion.
Ces mêmes personnes critiquent le Pape,
l'appellent pour certains le
"Panzer Pape" et autres noms ridicules. Pathétique quand on regarde les choses en face et que l'on voit que ces gens n'arrivent même pas à la cheville du Pape en terme de qualités humaines. Le groupe le plus intéressant est celui des
ex-68
ards moralisateurs, des gens biens qui expliquent comment l'on doit penser, ce qu'est d'être ouvert et tolérant et pour qui le Pape est un intégriste et qui a une responsabilité dans la mort de millions d'africains.
Cela mêmes qui avaient à l'époque des idéaux (mauvais certes mais des idéaux et des objectifs: révolution pour mettre en place la dictature du prolétariat...) et qui ont trahi leurs idéaux pour se laisser aller à tous les fantasmes: pouvoir, argent, luxure... des gens faibles quoi, sans fil directeur, avec peu de moral. Et ces mêmes personnes donnent des leçons
lol, l'on croit rêver. Un
ex-maoiste qui traite le Pape d'intégriste... on hésite entre éclat de rire et stupeur.
La laïcité positive ne
remettrait pas en cause le principe de laïcité mais cherche à nouer des relations plus cordiales avec les religions, à échanger des idées, à s'inspirer de leurs valeurs positives pour construire un système plus juste. La République issue des idées des Lumières doit aussi beaucoup à l'héritage chrétien, pourquoi donc ne pas continuer?
Il a enfin été reproché au Pape d'avoir un discours ferme sur le divorce par exemple. Julien
Dray en tant que responsable socialiste s'est exprimé et a qualifié le discours d' "intégriste", rien que ça. Là non plus je ne comprends pas. Ce discours s'adresse aux catholiques et les
non-catholiques ne sont pas concernés. Pourquoi alors se sentir obligé d'intervenir et de commenter?
En règle générale, on demande aux gens d'accepter les différences (mariage gay,
homoparentalité,...) mais les mêmes qui imposent ces vues sous peine d'être traité de
fascite si l'on est contre (on ne voit d'ailleurs pas trop le rapport mais passons) refusent d'accepter que
l'Eglise ait d'autres vues et d'autres principes. Il y a donc dans notre société matérialiste aux moeurs déclinantes des différences supérieures à d'autres. Et il y a une caste de
sachants qui fixe les règles et distribue les bons et mauvais points.
Le Pape est un homme exceptionnel, à la tête d'une institution
multimillénaire qui fixe une ligne directrice. C'est un idéal fixé à l'homme pour mener sa vie. Comme tout idéal, il est difficile à atteindre mais indispensable pour nous tirer vers le haut, chercher le meilleur dans l'homme. De l'autre coté sous couvert de liberté, on incite l'homme à se laisser aller à ses pires instincts.