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Découvrir et comprendre

L'Europe et M. Lamassoure

By Ludovic Heidmann
C'est toujours un plaisir que de pouvoir écouter des personnes de qualité sur un sujet passionnant. Ce fut le cas lundi avec Alain Lamassoure, député européen du PPE qui a parlé de l'Europe devant un parterre de membres de l'UMP.

Le non irlandais a bien sur bousculé l'agenda et a été au coeur de l'exposé d'Alain Lamassoure. Avant de parler du fond, il est bon de souligner que ce dernier aurait très bien pu être à la place de Jean-Pierre Jouyet au Secrétariat d'Etat aux Questions Européennes (il l'avait déjà été dans le gouvernement Balladur à ce poste). Il est de droite, très compétent aussi et meilleur je le crois même si c'est subjectif.

Plusieurs points intéressants ont été soulevé. La méthode du vote à l'unanimité pour mettre en place de nouveaux traités est ridicule dans une Europe à 27. Cela marchait jusqu'à 12 pays puis c'est devenu l'impasse. Le concensus est impossible à partir d'un moment. Monsieur Lamassoure a souligné que si l'on faisait la même chose pour les communautés de communes en France, il n'y en aurait pas.

Lors de la convention Giscard pour proposer la Constitution Européenne, le système de vote "3/5 65%" pour les lois a vite été retenu mais pour les traités les choses étaient plus compliquées. Les petits états se sont ligués pour conserver le vote à l'unanimité. Il avait pourtant été proposé d'instaurer un système des 4/5. Ce système est LA solution. Il s'agit de dire qu'un nouveau traité requiert 4/5 des états et 4/5 de la population européenne pour être adopté dans les pays l'ayant choisi. Les pays qui le refusent ne verront pas le traité appliqué mais ne pourraient empêcher les autres de l'adopter. Il ne s'agirait pas de faire un référendum européen mais des référendums nationaux dans chaque pays. La lutte va donc se faire entre gros et petits pays. Mais il est certain que c'est là la meilleure solution pour les traités futurs.

On voit que le problème est profond, on n'arrive même pas à se mettre d'accord pour établir des règles!

Pour en revenir au vote irlandais, je dirais que déjà à la base il est ridicule de faire un référendum sur un texte si compliqué. Cela est comparable à faire approuver le Code Pénal par référendum.

Pour autant refaire un second référendum serait anti-démocratique. On ne fait pas des référendums jusqu'à ce que l'on obtienne la réponse souhaitée.

Autre solution (j'avais eu la chance de poser la question directement à DSK en 2005), pourquoi ne pas élire une assemblée constituante ou donner ce pouvoir au prochain parlement en juin 2009? Il reviendrait aux députés démocratiquement élus de rédiger un traité.

En tant qu'alsacien il va de soi que je veux un rapprochement plus appuyé avec l'Allemagne. Une Europe à plusieurs vitesses doit être possible. Libre à chacun des pays de joindre telle ou telle initiative. L'on pourrait par exemple allait de l'avant avec les 6 pays fondateurs plus ceux qui veulent nous rejoindre.

On peut enfin se réjouir que les futures élections européennes de 2009 seront les premières à ne pas être le relais des débats nationaux mais des élections où les différents partis auront un réel programme parlementaire européen. Ce sera en tous cas le cas pour le PPE. Et si une majorité se dégage, la Commission sera alors à l'image de cette majorité et l'on avancera.


 

Diktat médiatique

By Ludovic Heidmann
Si il y a bien une chose de vraiment mais alors de vraiment irritante, c'est de se faire imposer les évènements par les media. Petite précision de vocabulaire tout d'abord. Quand je parlerai des media ici ce sera non pas dans le sens général du terme mais pour désigner uniquement les principaux journaux et chaînes télés. Il va de soi que la blogosphère est actuellement aussi un medium d'information.

L'élite médiatique que l'on peut apparenter à une caste a des envies pour ne pas dire des objectifs. Le plus souvent tout cela va à l'encontre des attentes de la population et forts de leur influence, de leur visibilité, les media mettent en place des stratégies com' pour faire accepter leur vision, leurs désirs.

Cela existe depuis longtemps mais pour étayer mes affirmations basons nous sur trois exemples de l'actualité politique récente.

En 2006 tout d'abord l'ascension de Ségolène Royal au sein du PS a été le fruit des media. C'est une femme, elle a un style particulier et ne se fond pas bien dans le moule du parti de la rose. Elle allait batailler contre les éléphants et elle semblait être la seule à pouvoir battre Sarkozy. Bien sur un cycle s'est mis en place. Plus on parlait d'elle, plus elle montait dans les sondages et ainsi de suite. Les militants socialistes l'ont alors choisi pour représenter leur parti aux élections présidentielles choisissant un produit médiatique face à la compétence de DSK ou Fabius.



Autre exemple. Depuis quelques mois, on ne parle que de lui... Jean Sarkozy, fils ainé de Nicolas. A peine 21 ans il est déjà conseiller général des Hauts-de-Seine, putschiste à la mairie de Neuilly et futur président du groupe UMP-NC dans son conseil général . On le voit sur la chaîne parlementaire, dans divers magazines, sur Canal +... Il brûle les étapes et sera député aux prochaines législatives en 2012 j'en prends le pari. En tant que membre de l'UMP, je suis gêné de voir que les media essayent de nous l'imposer comme futur ténor du parti. C'est le fils du Président, ça fait une belle histoire mais si l'on regarde de plus près que voit-on? C'est un étudiant de droit lambda. Il parle très bien mais pour ne rien dire la plupart du temps et c'est lassant. Il n'est pas plus doué que beaucoup de jeunes responsables à l'UMP, il bénéficie simplement d'un réseau incroyable et vient des Hauts-de-Seine, Le département le plus important quand on veut réussir en politique. Que les media arrêtent d'entretenir le buzz sur ce jeune.


Et enfin on en vient au duel plus ou moins virtuel que veulent nous imposer les media entre Delanoe et Royal. On retrouve ici la constante de ce qui intéresse les journalistes, des schémas simples voir réducteurs.

Il ne reste qu'à se féliciter de la montée en puissance de la blogosphère pour que l'on arrive à un équilibre entre les media traditionnels et les media citoyens. Ca nous évitera par exemple de subir trop brutalement une opération com' de l'Elysee avec Carla Bruni la riche représentante de la gauche bobo à la une de tous les magazines.
 

Le 14 juillet et Assad

By Ludovic Heidmann
Nouvelle polémique en perspective avec l'invitation de Bachar Al-Assad au défilé du 14 juillet. Certes cela s'inscrit dans le contexte du projet d'Union Méditerranéenne et les autres chefs d'Etat sont aussi invités. Mais alors que toute la lumière n'a pas encore été faite sur les assassinats politiques au Liban, une telle invitation est troublante.


La question est complexe. La Syrie commence à donner des gages de bonne volonté. Elle a joué un rôle positif dans l'élection d'un nouveau président au Liban ou encore en reprenant des pourparlers (indirects) avec Israel. Cependant, la Syrie a encore des cadavres dans son placard, continue d'abriter la direction politique du Hamas et de soutenir les différents groupes terroristes palestiniens. La Syrie est aussi un maillon indispensable du croissant chiite. Chose d'ailleurs amusante puisque la Syrie est un pays arabe à majorité sunnite avec un pouvoir chiite.


Ma position d'observateur qui n'a pas à prendre de décisions politiques comme celle-ci est simple, il ne faudrait pas inviter Assad au défilé du 14 juillet, question de symbole, question de dignité, question d'hygiène même. Dialoguer oui mais garder des distances. Il est impératif que la Syrie arrive à un accord de paix avec Israel et reconnaisse l'Etat Hébreux. Ceci affaiblirait fortement le Hamas et le Hizballah. La désolidarisassion avec ces mouvements devraient alors être poursuivi. A ces conditions, un cycle positif au Moyen-Orient se mettrait en place et la Syrie deviendrait un partenaire pour la France.


On en est pour l'instant loin mais un peu d'optimisme ne fait pas de mal. Malgré la facilité dans laquelle je me place en refusant la présence d'Assad le 14 juillet, je reconnais que si l'on veut poser les bases d'une Union Méditerranéenne, il ne faut rejeter personne.
 

Le référendum irlandais

By Ludovic Heidmann
C'est donc aujourd'hui que les irlandais se rendent aux urnes afin de dire oui ou non au Traité de Lisbonne. Il y a trois ans les nons français et hollandais avaient stoppé net l'adoption de la Constitution Européenne. Après beaucoup de difficultés et une véritable crise, les dirigeants européens sous l'impulsion et le volontarisme de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont mis sur pied le Traité de Lisbonne.

Ce traité est d'abord une forme épurée de la CE. Les points de tension comme les références trop appuyées à la concurrence ou à l'économie de marché ont été supprimé ainsi que les symboles européens (hymne, devise...).
Ce traité est aussi plus complexe encore que la CE puisque pour contenter tout le monde, les dérogations sur tel ou tel sujet sont légions.
Au final ce traité c'est la Constitution Européenne au rabais, vidée de beaucoup de son contenu. On a cependant gardé le plus important, un nouveau système de vote indispensable à une Europe de plus en plus grande ainsi qu'une extension des pouvoirs du Parlement. Il reste des défauts mais on a là un progrès politique même s'il est modeste.

En 2005, le rêve d'une unification politique plus forte a été brisé par deux référenda. On ne va pas y revenir mais il n'y avait aucune cohérence entre les partisans du non en France. C'était un méli-mélo allant de l'extrême-gauche à l'extrême-droite, du gauchisme anticapitaliste au souverainisme. A cet infâme ragoût, il suffisait de rajouter quelques cuillères de démagogie et de mécontentement envers le gouvernement pour aboutir à 3 ans de paralysie au niveau de l'Union Européenne.

Aujourd'hui la crise guette de nouveau. Un non irlandais serait catastrophique et à l'heure où j'écris je n'ai aucune idée du résultat de ce soir, tout est confus. Qu'un non français bloque un processus européen est déjà choquant mais un non irlandais le serait encore plus. L'Irlande a profité à 200% des fonds européens et doit en partie son boom économique à l'UE. De plus, c'est un petit pays qui n'est pas un membre fondateur. On arrive alors à la conclusion que sous un vernis démocratique, on a en fait quelque chose de profondément injuste. La solution est pourtant simple et devrait être d'urgence adoptée pour les futurs grandes décisions européennes. Il s'agit d'organiser non plus des référenda nationaux et des ratifications parlementaires pour chaque pays mais d'organiser un référendum au niveau européen le même jour dans tous les pays de l'UE. Voilà la vraie démocratie, la voix d'un letton aurait la même importance que celle d'un français alors qu'à l'heure d'aujourd'hui ce n'est pas le cas. En 2005, l'Espagne a ratifié la Constitution par voie référendaire pour arriver finalement à la mort de la Constitution. Les voix espagnoles ne valaient donc rien?

Référendum européen pour trois raisons en somme:
- véritable processus démocratique
- réduirait l'impact des considérations intérieures/nationales dans le vote
- symbole d'unité européenne

Mais je suis de l'avis que les référenda restent très rares, uniquement pour les très grandes décisions. Je ne suis pas du tout partisan du modèle suisse. Par ailleurs, je suis conscient qu'en Allemagne par exemple le référendum n'est pas possible, ils doivent alors amender leur constitution c'est la seule solution.

Je croise les doigts pour ce soir, pour que le Oui l'emporte. La défense du Non est par essence plus facile car elle joue sur les peurs mais j'espère que les irlandais sauront faire le bon choix.
 

De retour bientôt

By Ludovic Heidmann
Après une longue absence le blog sera de retour la semaine qui vient avec une nouvelle interface et des articles.
 

Coldplay, des plagieurs?

By Ludovic Heidmann