
Depuis la Révolution Française de 1789, les relations que l’Etat français entretient avec la religion ont été complexes. La question de la place de la religion dans notre société a toujours été fondamentale et sujette à de vifs débats. Du Concordat de 1801, à la naissance du catholicisme social jusqu’au processus de laïcisation de la fin du 19
ème qui a mené à la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat et enfin avec la question du voile ces derniers vingt ans, à chaque époque la religion a été une question clé du débat politique.
La loi de 1905 qui est née après un mouvement d’hostilité anticléricale semble inscrite dans le marbre. Pour certains l’évoquer ou en discuter constitue un danger comme si notre République ne reposait que sur un seul pilier et qu’il fut si fragile. Il est indéniable que nous avons là un principe important de nos institutions. La croyance religieuse doit rester de l’ordre du privé et l’Etat n’a pas à interférer avec le religieux. Cependant, la laïcité est un principe qui trop souvent se transforme en doctrine absolutiste dans la bouche de certains. Le Président Sarkozy veut porter à travers sa politique de civilisation le message que la religion n’est pas l’ennemi de la République mais une de ses sources de sagesse. Notre civilisation occidentale ne s’est pas uniquement forgée sur l’héritage gréco-romain mais aussi sur les valeurs chrétiennes. Renier son héritage c’est se renier soi-même. Nos principes de liberté, d’égalité et de fraternité sont aussi fondamentaux pour la République que dans les Textes Sacrés.
Alors trop souvent l’on a confondu la religion aux dérives de l’Ordre Ancien comme à la fin du 18ème siècle, la religion à la privation de libertés comme dans les années 60 et dernièrement la religion au fanatisme. Nicolas Sarkozy l’a dit, le 21ème siècle sera religieux, c’est une évidence. Dans un monde où le matérialisme ne comble pas tous les besoins de l’homme, il y a un réel besoin de spiritualité. A nous de choisir si la République doit tourner le dos à des valeurs et se résigner à une lente agonie face à l’assaut de mœurs toujours plus dépravées ou si elle peut puiser une partie de son contenu moral dans les œuvres religieuses.
Comme l’a rappelé le Président lors de son discours à la basilique Saint Jean de Latran à Rome en décembre dernier, « La laïcité est aujourd’hui une liberté, celle de croire ou de ne pas croire, celle de ne pas être choqué par des signes ostentatoires, celle de ne pas être discriminé en fonction de sa religion ». Mais une nation qui ignore l’héritage de son histoire commet un crime. C’est pourquoi la laïcité doit être perçue comme positive et signe d’égalité et non comme un outil de lutte contre le religieux. Il n’est pas question de revenir sur son principe mais de la mettre en conformité avec notre époque qui est celle d’une quête de liberté associée à un besoin de spiritualité.
Enfin, il est indéniable qu’en ce début de siècle, la religion en France ne peut plus se borner au Christianisme et que l’Islam est devenu un acteur important, seconde religion dans notre pays après les catholicisme. Dans son discours de Ryad, le Président a insisté comme un pied de nez aux autorités saoudiennes sur le rôle que pouvait jouer la religion du Prophète comme acteur de paix et de justice. Le message se veut amical et signe d’ouverture. L’Islam a sa place au sein de notre République et dans le respect de ses lois. La communauté musulmane française et occidentale plus généralement peut être celle qui façonnera un Islam des Lumières. A travers la création du CFCM en 2003, son combat contre les mosquées des caves et son attachement à la loi contre les signes religieux ostentatoires à l’école publique, Nicolas Sarkozy a montré qu’il militait pour que les musulmans français puisse adorer Dieu dans de bonnes conditions tout en se conformant aux lois françaises.
Par ses actions, ses écrits et ses déclarations, Nicolas Sarkozy a su se faire l’apôtre d’un principe de laïcité modernisé, en adéquation avec son époque et qui ne tourne pas le dos pour autant aux si indispensables religions.
(pour le débat, commentaires à la fin de l'article:
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