Quelques photos
Dans le post suivant, vous trouverez mon bilan du voyage que je vous invite à lire.
La Chine de ce début du 21ème siècle est un pays surprenant qui mêle les paradoxes et dont l’irrationalité peut irriter et m’a souvent irrité sur les questions politiques. Ce bolide socialiste est entrain de bouleverser les équilibres mondiaux dans sa course à la consommation. Véritable vedette de l’économie mondiale, toutes les entreprises sont attirées par ce grand marché et oublient rapidement toute Morale face aux opportunités actuelles. Mais une entreprise privée a-t-elle une morale ? Les dirigeants chinois depuis Deng Xiaoping ont pu jouer avec brio leur exercice d’équilibriste, tiraillé entre l’économie de marché et la rude doctrine communiste. Un compromis a été trouvé, il s’agit officiellement d’une économie socialiste de marché. La réalité est différente. Avant d’aller en Chine, je pensais que le pays était politiquement communiste et économiquement « ultralibéral ». En fait, le pays n’est pas communiste politiquement, il est pire que le communisme. Dans un pays comme Cuba authentiquement communiste, les bons aspects de cette doctrine sont en place comme un très bon système de santé et d’éducation, le tout gratuit. En Chine il n’y a de communiste que les mauvais coté et même dans des secteurs comme la santé et l’éducation les inégalités sont omniprésentes. Tous les actes médicaux ne sont pas remboursés et en fonction des revenus on est donc plus ou moins bien soigné. Dans l’éducation, les enfants des cadres du Parti accèdent à meilleures écoles même si leurs résultats scolaires ne sont pas à la hauteur. Dans le cadre des affaires, les enfants de gens influents ont des passe-droits et ont constitué des empires. Hu Jintao par exemple n’a qu’un salaire de 2000 euros par mois mais en réalité sa famille est extrêmement riche car possédant de nombreux biens immobiliers et entreprises. Sur le plan économique, la Chine est ultralibérale tout en gardant un contrôle étatique du système bancaire ou en fixant le prix de l’essence par exemple. D’autre part, un des principes fondateurs du capitalisme n’est pas respecté, il s’agit du droit de chacun de disposer de ses terres. Un premier pas avait été franchi quand Deng Xiaoping avait autorisé les paysans à posséder leurs terres. La productivité avait monté en flèche. Mais le gouvernement n’est pas allé plus loin et actuellement un paysan ne peut pas vendre ses terres s’il en a envie, c’est le gouvernement qui contrôle cela.
Le développement du pays a été planifié et il a tout de suite était clair qu’il ne pouvait pas se faire uniformément. Je suis conscient que je n’ai pu voir qu’une partie de la Chine, la côte orientale en plein développement et que la vaste majorité du territoire est encore loin du niveau d’une ville comme Shanghai. Mais ces provinces côtières qui ont beaucoup d’atouts vont tirer à leur tour les provinces intérieures. Mais je pense qu’à l’heure actuelle on peut arriver à la conclusion que si l’on porte notre regard au-delà du scintillement de quelques villes, on retombe presque au 19ème siècle. La Chine reste un pays en développement.
Corolaire du développement économique de la côte, son urbanisation connait un essor tentaculaire. J’ai été impressionné par Beijing et ses « couronnes » délimitées par un périphérique. La ville en est à sa 8ème couronne qui touche presque la ville de Tianjin. Shanghai quant à elle est une mégalopole incroyable qui part dans tous les sens. Elle suit actuellement son second boom urbain après celui des années 30 et de nombreux projets les uns plus pharaoniques que les autres sont à l’étude (pont le plus long du monde, une tour de 1.2 km de haut, quartiers immenses…). Enfin la zone urbaine du delta de la rivière des Perles que constitue le conglomérat Hong Kong / Shenzhen / Guangzhou / Macao est déroutante. En Chine on sent la croissance battre à plein rythme, on en a même le tournis et il est certain qu’un tel développement ne sera pas tenable écologiquement à moyen terme. Le barrage des Trois Gorges en est la preuve. Ce projet titanesque qui fournit l’équivalent en électricité de 15 tranches de réacteur nucléaire et qui a été exhibé comme un succès technique montre ses premières faiblesses. Alors qu’il a conduit au déplacement de millions de personnes, on s’aperçoit maintenant qu’il provoque des glissements de terrain massifs et qu’un second déplacement de population de grande ampleur va être nécessaire. J’ai été choqué de voir comment à Beijing ou Shanghai l’on détruisait les anciens quartiers pour construire du neuf dessus. Ces anciens quartiers quand ils ne sont pas détruits sont pudiquement caché par d’infâmes murs cache-misère.
Bien sûr, j’ai été choqué par la pesanteur du Parti Communiste Chinois qui fait de la Chine la plus grande dictature du monde. Un symbole fort qui m’a frappé est le blocage du site Wikipedia. On bloque le savoir, signe d’un autre temps alors que les dirigeants se disent modernes et ouverts. Le savoir est le pouvoir c’est bien connu, un peuple cultivé pourrait remettre en cause la légitimité du PCC mais le problème est bien là, il ne le ferait surement pas. C’est ici que mon incompréhension est la plus totale. Je le présentais déjà au contact de Yin depuis que je le connais mais j’en ai eu la confirmation en discutant avec de nombreux chinois sur place. Ils n’en ont que faire d’être privé de liberté car l’économie se porte bien et que leur niveau de vie augmente. La politique ne les intéresse pas et ils sont amorphes. J’avais demandé à Yin si après avoir vécu en France, vu la campagne présidentielle… il n’aimerait pas pouvoir choisir ses leaders en Chine et avoir la démocratie. Sa réponse m’écrasa : « Non pas vraiment ». Alors on pourrait se dire que quand on est « pauvre » on se soucie d’abord de ses rentrées d’argent et pas de politique, oui mais ici j’ai côtoyé des gens qui n’avaient plus ces problèmes et pourtant ils ne s’intéressaient toujours pas à la gestion politique de leur pays. Face à cela, on se dit que la France est certes un petit pays mais aux grandes valeurs. Soyons fiers de vivre dans une démocratie même imparfaite. Evidemment un changement politique est souhaitable mais s'il est trop rapide, les équilibres seraient perturbés et l'économie mondiale secouée. Il faut donc un changement progressif mais nous devons être ferme et traiter la Chine actuelle pour ce qu'elle est, une dictature. Le PCC veut la grandeur de la Chine et un développement harmonieux. La grandeur n'est pas au rendez-vous car aussi puisant économiquement soient-ils, ce sont des nains car ils n'ont pas atteints notre degré d'ouverture démocratique. La dictaure est le signe de la faiblesse, le contrôle par la force cache la peur. Quant au développement il est tout sauf harmonieux, les inégalités sont partout.
Les voyages ouvrent l’esprit. J’ai pris beaucoup de plaisir durant ces trois semaines. Je n’ai bien sûr pas pu tout raconter et sûrement oublié des choses que je voulais partager mais j’aurai loisir de le faire avec les personnes que je côtoie lors de futurs discussions.

A l’heure où j’écris cette note, je suis dans l’avion entre Shanghai et Hong Kong. La compagnie Dragonair avec laquelle je voyage a eu la bonne idée de mettre des prises électriques à disposition des voyageurs en classe économie. Je quitte donc Shanghai où j’ai passé 6 jours passionnants. D’une part parce que mon ami qui m’accompagne, Yin, est originaire de la ville et m’a ainsi fait découvrir ses différentes facettes sous un autre angle que le tourisme "bête et méchant". J’ai partagé pas mal de moments interessants avec sa famille et ses amis. C’est vraiment ce que j’aime dans les voyages, découvrir un pays dans ses aspects de la vie quotidienne, voir comment l’on « vie ». Je n’aime pas le tourisme encadré, j’aime avoir de la liberté. Sans préjuger du bilan final de mon voyage (je n’ai même pas encore visité Hong Kong) je dois dire que mes préjugés sur la Chine sont validés et que certains points négatifs que je prévoyais en ressortent renforcés. Pour l'anecdote j'ai pu discuté et échanger les adresses mails avec un copain de Yin qui travaille pour l'agence spatiale chinoise et plus spécifiquement sur le système d'amarrage de Shenzhou 8 prévue en 2009 et qui marque la volonté de la Chine de construire sa propre station spatiale. Shenzhou 7 en 2008 sera l'occasion de sorties extravéhiculaires par un des taïkonautes. Les militaires controllent tout le programme bien sûr.
Revenons en à Shanghai. Que dire ? Il y a tellement de choses à raconter… Je vais tenter de résumer rapidement ce que j’ai pu faire durant ces 6 jours. Le premier jour nous sommes arrivés en train à Shanghai et nous avons déposé nos affaires à l’appartement que les parents de Yin nous avaient prété. Superbe appartement de
Voila je suis maintenant dans ma chambre d'hotel à Hong Kong avec une magnifique vue sur la baie. Je parlerai de Hong Kong dans un prochain post. Shanghai est une véritable mégalopole au développement anarchique. Par endroit on se croit sur la 5ème avenue à New York puis en 100m on passe dans des ruelles du Tiers-Monde. La ville est immense mais les nombreux taxis très bon marché permettent de se déplacer facilement. Un des gros problèmes de la ville reste la pollution. L'air est très pollué et l'eau est non-potable. Nous avons visité le musée de l'urbanisme de la ville qui montre les projets d'ici 2020 et l'écologie est semble-t'il une préoccupation majeure. On sourit aussi quand on voit les projets de nouveaux quartiers. Chacun a une superficie de l'ordre de 80km2 et une population prévue d'environ 600 000 habitants! Pour l'instant l'agglomération de Shanghai abrite 20 millions d'habitants.
Ludoh Powered By Mushblue Blogger Template Originaly by Mukka-mu | Jack Book