J'ai appris trop tard, le jour de son ouverture, que se déroulait à Grenoble le Forum du journal Libération durant 3 jours: jeudi, vendredi, samedi. Son titre "Vive la Politique".
L'affiche était incroyable, des débats à profusion entre personalités sur des thèmes passionnants. Programme
iciJe faisais face à deux problèmes de taille. Premièrement je travaillais le jeudi et vendredi et deuxièmement je n'avais pas pu réserver de places.
Je décidais alors samedi par une magnifique journée de me rendre à la
Maison de la Culture de Grenoble pour assister à trois débats. Au final je n'ai assisté qu'à deux débats pour cause de mal de tête et parce que je ne voulais pas attendre 1h30 pour le dernier débat.

Premier débat de 9h30 à 11h entre deux mastodontes, Laurent Fabius et Alain Finkielkraut sur le thème "La reconstruction de la gauche?". Bien que je suis souvent en désaccord profond avec Laurent Fabius, je l'ai toujours considéré comme une Homme d'Etat, un des rares à gauche qui ait la carrure présidentielle. Quant à Alain Finkielkraut, je réitère ici toute l'admiration que j'ai pour lui. C'est un philosophe que j'adore et je me suis toujours délecté de l'entendre à la télévision notamment dans son combat contre les vulgaires Indigènes de la République.

L'auditorium de la Maison de la Culture est plein pour cette affiche arbitrée par Laurent Joffrin.
Le débat n'a pas vraiment eu lieu et on a eu droit à un dialogue de type "universitaire". On se complétait plus que l'on ne se contredisait.
Laurent Fabius était très marrant, j'ai bien aimé par exemple son "...Chirac n'est pas Bill Clinton...(silence)... sauf à certains égards." Ses arguments étaient pour la plupart dépassés et très partisans. En schématisant (à peine), il expliquait que l'humanité était plus une valeur de gauche que la droite. Son credo connu et répété est reconstruire la gauche en revenant aux valeurs d'antan. Pour lui la sociale démocratie est morte et il faut revenir à la "vraie" gauche.
Alain Finkielkraut se plaçait moins sur le plan politique et tenait un véritable discours de philosophe. J'ai beaucoup aimé son argumentation autour du fait que la gauche doit non pas changer le monde mais le sauver. Il expliquait que l'on n'apprend plus aux enfants à aimer le monde mais à aimer des images.
Le deuxième débat devait faire intervenir notamment Julien Dray, le "flic du PS" mais il a annulé sa venue (dommage). J'ai alors assisté à une confrontation entre le sociologue Louis Chauvel (excellent) et la député PS Delphine Bato qui remplace Ségolène Royal à l'Assemblée. Thème du débat: "ordre et désordre, une crise de l'autorité?".

Le débat s'est principalement axé autour de mai 68 et de l'odre policier. Les autres formes d'ordre ou d'autotité (parentale, médiatique, politique...) ont été occulté. J'avais pas mal d'a priori sur Delphine Bato, je pensais qu'elle serait aussi blablabla que son modèle Ségolène Royal. Je ne vous cache pas que c'est le même style mais j'ai été positivement surpris sur le fond. Elle a tenu un langage ferme contre les brûleurs de voitures et autres en insistant sur le fait qu'il n'y avait pas de raisons sociales derrière ces actes (discours longtemps tenu par la Gauche) et que rien ne justifiait la violence dans une démocratie.
La salle était très à gauche et étant de culture de droite j'étais assez surpris. La Gauche a cette culture du débat, de la synthèse... alors que la Droite débat aussi mais se range vite derrière un chef. Cette salle était donc très agitée et parfois grotesque. Il y avait par exemple un intervenant qui disait que le débat était "nul et inutile" ou un autre que Royal avait perdu parce l'on avait pas pu entendre ses projets pendant la campagne parce que les membres du CSA sont les amis de Sarkozy...
Le troisième débat auquel je n'ai pas assisté faisait intervenir le fameux Henri Guaino, la plume de Sarkozy, le monsieur-non de l'UMP. Dommage car cet homme est un puit de culture. Une prochaine fois peut-être...
A oui sinon, j'ai vu Nathalie Kosciusko-Morizet et Rachida Dati (surprotégée mais très classe!). :)