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Iran, vers une nouvelle stratégie

Category: By Ludovic Heidmann
Il faut bien s'y résoudre, nous sommes dans une impasse. Les pourparlers actuels ne donnent rien et ne donneront rien. Des sanctions économiques ont été décidé à l'ONU pour contraindre Téhéran de céder et de renoncer à l'enrichissement de l'uranium qui pourrait permettre aux iraniens de mettre au point une bombe. Les américains accentuent la pression et disent que tous les scénarios sont possibles même le scénario militaire. Ils renforcent leur force militaire dans le Golf Persique et certains faucons aimeraient bien des frappes aériennes pour mettre en pièce le dispositif nucléaire iranien. Les israéliens disent qu'ils n'accepteront jamais un iran doté de la bombe.
Bref, tout semble bloqué.

Pour régler la situation, il va falloir faire des concessions énormes et faire un virage de 180°. Voila ce que je propose aux américains:

- renouer des relations diplomatiques avec l'Iran, lever toutes les sanctions et permettre à l'Iran d'accéder à l'OMC. En échange, le régime des Mollahs devra coopérer en Irak, aider à la stabilisation, reconnaitre Israel et stopper l'aide au régime syrien et au Hizb'Allah.

En effet, je pense que l'Iran a un très grand besoin de reconnaissance et que le programme nucléaire est une façon de prouver sa grandeur. L'Iran veut aussi qu'on lui assure sa sécurité. Actuellement à la fois les Etats-Unis et l'Iran ne veulent pas faire le premier pas pour ne pas paraitre faible. Je pense que à l'instar de la proposition de Khatami en 2000, beaucoup de hauts-placés iraniens veulent une coopération avec les Etats-Unis. Les deux ont un ennemi commun, Al Qaeda qui a frappé le symbole américain en 2001 mais aussi un des symboles chiites en 2006, la Grande Mosquée de Samarra. Al Qaeda et l'international djihadiste en général déteste autant les occidentaux que les chiites.
Pourquoi les américains devraient faire le premier pas? Car c'est toujours au plus fort de faire le premier pas. L'image des Etats-Unis s'améliorerait mais beaucoup y verraient une marque de faiblesse, soit.

L'inconvénient est que les pays alliés des USA (Arabie Saoudite et pays du Golf) dans la région y verrait une sorte de trahison et que les relations pourraient un peu en patir.
Un tel mouvement marginaliserait Ahmadinejad (mouvement déjà en cours en Iran où même Khamenei commence à le trouver irritant) et ses acolytes sur le long terme.

En conlusion, je dirais qu'au lieu de vouloir combattre l'influence iranienne (qui grandit) au Moyen-Orient, les USA devrait s'en servir.
 

Meeting de Nicolas Sarkozy à Strasbourg

Category: By Ludovic Heidmann








Hier, mercredi 21 février se tenait le meeting de Nicolas Sarkozy à Strasbourg. Un discours articulé autour de l'Europe et de la mondialisation. Pendant un peu plus d'une heure, il a dépeint avec talent la situation actuelle, les risques pour l'avenir et son projet. Comme pour tous ses discours, il a commencé avec des figures historiques, Schuman, Monet, Churchill..même Mitterand. Certains n'aiment pas ces premières parties de discours, je les trouve quand même importante car le discours se retrouve renforcé et placé dans un contexte historique. Il a été assez touchant par sa connaissance et par les mots qu'il a choisi pour parler de l'histoire de l'Alsace et montrer que c'est une terre européenne.

Sur le fond, Sarkozy parait solide pour relancer la construction européenne. Certes la France ne peut pas tout mais elle doit avec l'Allemagne redonner une impulsion. Je partage son analyse que l'Europe est à un croisement où si on ne définit pas d'objectif à atteindre on ira dans le mur. Soit on en reste à la vision anglosaxonne d'un grand marché commun soit on construit une Europe politique, mon souhait étant d'aller vers un état fédéral européen avec chaque pays qui garderait des des pouvoirs dans certains domaines comme en Allemagne.


Il s'est bien evidemment prononcé contre l'entrée de la Turquie dans l'UE car elle ce n'est pas un pays européen. Il faut définir des frontières à l'Europe sinon on aura jamais d'Europe politique. Il a aussi dit qu'il ferait ratifier par le parlement dès l'été 2007, un mini traité européen qui reprendrait les mesures cruciales du TCE de 2005. Les mêmes mesures que la plupart acceptait. En effet, à 27 il faut sortir du Traité de Nice et mettre en place un nouveau processus décisionnel. Nicolas Sarkozy veut aussi un président européen qui aurait un mandat de 2 ans et demi. Autres propositions: interdire à un pays de l'UE de faire des régularisations massives sans l'accord des autres pays (allusion à l'Espagne), interdire le dumping fiscal (allusion à la Slovénie)...

Enfin, Nicolas Sarkozy veut à long terme fédérer le bassin méditeranéen dans une sorte d'union car comme il explique, nous aurons beaucoup de problèmes à l'avenir si on ne le fait pas.

Son discours a montré enfin, qu'il n'était pas un ultralibéral et qu'il veut une mondialisation controlée. Pour lui l'Europe devra être le fer de lance de ce contrôle de la mondialisation.









Son discours était très riche et j'ai sûrement oublié bien des choses, je vous invite à le regarder sur le site www.sarkozy.fr

Mes regrets, salle trop petite que 7000 personnes à l'intérieur mais beaucoup dehors.

La semaine prochaine, je ferai un post sur François Bayrou qui sera à Metz et sur Arlette Laguiller que j'irai voir à Nancy.
 

Surprise n°2

Category: By Ludovic Heidmann
Jacques Barrot, commissaire européen chargé des transports, vice-président de la commission européenne. Vidéo (uncut) qui date de mai 2006 à Science Po Nancy.









Un grand moment de solitude pour moi quand je revois cette vidéo. Il était très pressé après sa conférence, je l'emmerde avec une connerie et en plus je lui fais répéter deux fois le truc lol. Le pire c'est que je voulais encore à la fin qu'il dise: "je suis Jacques Barrot, commissaire.... et je vous souhaite la bienvenue sur le blog de Ludovic Heidmann". J'ai vraiment du mal à regarder cette vidéo :)
 

Le chaos irakien

By Ludovic Heidmann
Depuis fin 2002, l'Irak est au coeur de notre actualité et cela tous les jours. De l'avant guerre et son cortège de débats, de manifestations, de réunions diplomatiques, de postures, de jeu d'alliance, de mensonges, d'explications à un Irak en pleine guerre civile, il s'en est passé des choses. L'année 2003 était celle de la puissance américaine qui a balayé le régime de Saddam Hussein, elle a aussi été celle des premiers attentats et de la prise de conscience que rien n'était fini mais que tout commenceait. On se rappelle particulièrement de l'attentat contre le QG de l'ONU à Baghdad et de la mort du Haut-Commissaire aux Droits de l'Homme, Sergio Vieira de Mello, tout un symbole. 2004 était l'année de la mise en place du paysage politique dans le pays, c'était aussi la première bataille de Falludjah en novembre et les affrontements en forces américaines et l'Armée du Mahdi de Moqtada Al-Sadr.En décembre Saddam Hussein est arrété dans un trou. 2005 devait faire naitre l'espoir avec les premières élections démocratiques. En janvier élection d'un parlement qui désignrait un gouvernement provisoire pour rédiger une constitution et en octobre 2005 avait lieu le référendum sur la constitution. Malgré cela toujours autant de violence. En juin 2005 avait aussi lieu la seconde bataille de Falludjah en juin. 2006 a vu la mort de l'émir d'Al Qaeda en Irak, Abu Moussad Al Zarqawi et l'élection du gouvernement actuel. Enfin l'honteuse éxécution de Saddam après un simulacre de justice et alors que toutes les affaires n'ont pas été jugé.

Nous sommes maintenant en 2007 et les violences n'ont jamais été aussi fortes. Les Etats-Unis, conscient du problème ont réfléchi a une solution. Une commission d'enquête a remis un rapport fin 2006, le rapport Baker qui donne des idées (parler avec la Syrie et l'Iran, entamer un désengagement graduel, à faire pression sur le gouvernement irakien pour qu'il se bouge plus...). Cependant l'administration Bush a choisi l'option d'un renfort de troupes (25 000 hommes) qui auront pour but de renforcer la sécurité dans Baghdad et sa région. Effectivement c'est dans cette zone qu'il y a le plus d'attentats et de problèmes. Le nouveau congrès démocrate avec l'aide quelques républicains s'opposent frontalement à cette décision et une bataille politique est en cours à Washington.

Il n'y a aucun doutes que l'Iran et la Syrie contribuent à l'instabilité du pays. L'Iran soutient des groupes chiites comme la milice de Badr, pose ses pions en Irak aussi bien au niveau politique que par ses agents partout en Irak. Ils engrangent les informations sur les troupes américaines, leurs procédures, techniques,... bref des choses utiles en cas de conflit avec les USA. Je suis quand même (agréablement) surpris par le gouvernement du premier ministre Al Maliki (chiite) qui par certains de ses actes et par des déclarations n'est pas vraiment la marionnette de Téhéran.
On ne reviendra pas sur l'incident de Kerbala où dans une opération spectaculaire 5 GIs ont été tué, les pistes mènent à une revanche de la Garde Révolutionnaire iranienne vis à vis de l'arrestation de 5 de ses membres à Erbil par les forces américaines.
La Syrie quant à elle soutient et entraine des groupes sunnites, elle protège aussi d'ex responsables baasistes.

Le paradoxe de la situation c'est que l'Irak a été à la fois plongé dans le chaos mais est aussi passé de dictature à jeune démocratie. Les Etats-Unis doivent continuer à entrainer l'armée et la police irakienne et tenter de trouver la meilleure porte de sortie maintenant. Il semble pourtant qu'une fois partis dans quelques années, ce départ sera compris comme une victoire pour les groupes de résistance et les groupes terroristes en Irak.

On est en face d'un problème cornélien, les meilleurs analystes, connaisseurs s'y casse la tête. Ce n'est donc pas moi qui va proposer une solution, ça serait gonflé.

En guise de fin je vous donne juste quelques passages de clips videos qui date de janvier 2005 et qui devait inciter les gens à voter. Pubs de la télé irakienne, je ne peux pas la mettre en ligne.
On y voit différents irakiens qui sur une superbe musique s'expriment. Bon c'est pas aussi prenant que la vidéo mais voila:

une infirmière: "In order to restore Iraq's health I will participate in the elections"
un architecte: "Because we have a duty to build Iraq, I will participate in the elections"
une peintre : "In order to bring back Iraq's colors, I will participate in the elections"
un paysan: "This land must flourish, this is Iraq!"

Your vote is the future!
 

Surprise n°1

By Ludovic Heidmann
A Berlin le 9 janvier 2007...